blog 17.03.2026

Préparation physique pour le golf : 5 exercices essentiels pour progresser

Edouard
préparation physique golf: 5 exercices pour booster le swing
INDEX +

Sur le fairway, je croise chaque semaine des joueurs brillants au practice… puis bridés sur le parcours. Même swing, moins de mètres, un dos qui tire au 14. Le maillon faible n’est pas toujours la technique : c’est souvent la préparation physique. La bonne nouvelle ? Cinq exercices ciblés suffisent pour gagner en puissance du swing, en régularité et prévenir les blessures. Voici une routine conçue pour les golfeurs, du 1er index au 36, à glisser dans votre semaine sans bouleverser votre agenda.

Règle d’or : un swing rapide repose sur un corps stable et mobile à la fois. Renforcez ce qui freine, libérez ce qui tourne.

Avant de détailler, vous trouverez ci-dessous une vue d’ensemble des cinq piliers, leur objectif et les repères concrets pour vous guider.

Exercice Objectif principal Volume conseillé Focus technique
Pont fessier Activer la chaîne postérieure et protéger les lombaires 3 × 12–15 reps, tempo 2–1–2 Pousser dans les talons, bassin neutre, alignement épaules–hanches–genoux
Planche (gainage) Stabilité du tronc et transfert d’appuis 3 × 30–60 s Côtes rentrées, fessiers engagés, nuque longue
Rotations au médecine-ball Puissance rotatoire et rotation thoracique 3 × 6–8 lancers/side Tourner la cage thoracique, pieds ancrés, arrêt net
Squat Jambes/hanches fortes pour une base stable 3 × 8–12 reps Genoux dans l’axe, colonne neutre, poussée des hanches
Échauffement dynamique Gagner en amplitude et préparer le swing 5–10 min avant de jouer Mouvements contrôlés, respiration fluide

1) Pont fessier : ancrer la chaîne postérieure pour frapper plus fort

Allongé sur le dos, genoux fléchis, pieds à plat largeur de hanches. Vissez les talons dans le sol, serrez les fessiers et levez les hanches jusqu’à former une ligne droite. Marquez une seconde en haut, redescendez sous contrôle. Ce mouvement réveille les fessiers, verrouille le bas du dos et alimente la puissance du swing depuis le sol.

Je recommande 3 séries de 12 à 15 répétitions, tempo 2–1–2 (monter en 2 s, tenir 1 s, descendre en 2 s), repos 45 s. Respirez en soufflant sur la montée pour faciliter l’extension. Si vous sentez les quadriceps plus que les fessiers, rapprochez les talons des ischios et pensez “côtes rentrées”.

Progression : pont unilatéral (une jambe tendue), charge sur le bassin, bande élastique au-dessus des genoux pour lutter contre le valgus. Objectif : faire des hanches votre moteur et délester les lombaires lors des accélérations.

2) Planche (gainage) : verrouiller le tronc pour un transfert d’énergie propre

Position de pompe sur avant-bras, corps long de la tête aux talons. Rentrer légèrement les côtes, engager fessiers et abdos, éviter le creux lombaire. La planche est votre assurance anti-oscillation : plus de gainage égale un club qui revient square avec moins d’effort.

Tenez 30 à 60 secondes, 3 fois, repos 30 à 45 s. Qualité avant durée : si les hanches s’affaissent, stoppez. Variez : planche latérale (anti-inclinaison), planche avec tirage d’élastique (anti-rotation) pour coller aux contraintes du swing. Le but n’est pas de “tenir le plus longtemps”, mais de créer une stabilité du tronc qui autorise des hanches explosives.

Indice de réussite sur le parcours : vous sentez moins de mouvements parasites en haut de backswing et un transfert d’appuis plus net vers la cible.

3) Rotations au médecine-ball : mobiliser, puis accélérer sans se tordre

Le swing est rotatoire, mais la source de vitesse vient d’un buste qui tourne autour d’un bassin stable. Deux versions pour couvrir mobilité et puissance.

Version contrôle (mobilité/coordination) : demi-agenouillé, médecine-ball collé au sternum. Tournez la rotation thoracique d’un côté à l’autre sur 8 à 10 répétitions, en gardant les hanches calmes. Respirez, ne forcez pas l’amplitude : visez la fluidité.

Version puissance (lancers) : debout en fente, à 1 mètre d’un mur. Armez le buste et lancez le ballon contre le mur en explosif, 6 à 8 fois par côté, 3 séries, repos 60 à 90 s. Arrêtez net le retour : le corps apprend autant à accélérer qu’à freiner, clé pour la précision. Choisissez une charge légère (2–4 kg) pour préserver la vitesse d’exécution.

Résultat attendu : plus de vitesse de rotation, une meilleure coordination hanche/buste, moins de tiraillements grâce à une mobilité des hanches et du haut du dos entretenue.

4) Squat : des jambes solides pour une base inamovible

Debout, pieds sous les épaules, appui complet (talon–pouce–petit orteil). Descendez comme sur une chaise, torse fier, genoux dans l’axe, puis remontez en poussant le sol. Sans base stable, pas de tête de club qui accélère droit. Le squat bâtit cette fondation.

Démarrez en “goblet” (haltère contre la poitrine) : 3 séries de 8 à 12, repos 60 s. Cherchez la profondeur que vous pouvez garder sans arrondir le bas du dos. Pour doper le transfert au golf, concentrez-vous sur l’attaque par les hanches et le contrôle du genou avant — une vraie école de proprioception et d’alignement.

Progression : tempo 3–1–1 pour renforcer le freinage (phase excentrique), puis charges modérées. Sur le parcours, vous gagnerez en équilibre au finish et en stabilité dans le vent.

5) Échauffement dynamique ciblé : libérer l’amplitude avant de taper

Cinq à dix minutes suffisent pour activer, huiler et aligner. Privilégiez des mouvements amples, sans douleur, sur 8 à 10 répétitions. C’est le moment de votre échauffement dynamique, pas des étirements passifs.

Enchaînez : cercles d’épaules et de bras, balancés de jambe avant/arrière et latéraux, fentes marchées avec rotation des bras, “open books” (rotation du haut du dos) et montées de genou avec appui unipodal. Respirez en rythme : une respiration maîtrisée soutient la mobilité et le relâchement.

Signal que vous êtes prêt : sensation de chaleur, d’aisance dans la montée, un backswing qui “prend la place” sans tirer. À ce stade, place à deux swings à 70 % de vitesse pour ancrer le tempo.

Routine express de 15 minutes à caler avant une partie

Vous manquez de temps ? Voici une séquence compacte, testée au club, qui transforme votre premier drive.

  • Activation (4 min) : 2 × 12 ponts fessiers + 30 s planche + 10 balancés de jambe/side.
  • Mobilité (4 min) : 2 × 8 “open books” par côté + 2 × 6 fentes avec rotation.
  • Force/puissance (5 min) : 2 × 8 squats goblet + 2 × 6 lancers med-ball par côté.
  • Spécifique swing (2 min) : 5 swings à 60–70 % puis 3 swings à 80–85 % pour caler le tempo.

Si votre priorité est la technique, complétez cette routine par des repères concrets issus de notre guide sur les techniques clés du swing. Physique et technique se nourrissent : travailler l’un sans l’autre plafonne vos progrès.

Repères d’exécution : sentir le bon geste, éviter les pièges

Votre corps vous parle. Dans le pont fessier, cherchez une brûlure franche dans les fessiers, pas dans les lombaires. Dans la planche, priorité au long du corps : si vous tremblez au cou plus qu’au tronc, c’est trop long. Sur les lancers, privilégiez l’intention de vitesse à la charge : le but est la vivacité, pas d’écraser le mur.

Deux erreurs fréquentes à bannir : confondre amplitude et laxisme (une grande amplitude se gagne avec contrôle), et surjouer le volume. En golf comme en musculation, moins mais mieux vaut toujours plus et brouillon.

Programmation sur 4 semaines : monter en puissance sans se cramer

Vous pouvez progresser sans courbatures chroniques. Voici un canevas simple : deux séances “physique golf” par semaine, espacées de 48 h, et votre routine express avant de jouer.

Semaine 1–2 : maîtrisez les positions. Pont 3 × 12–15, planche 3 × 30–45 s, rotations contrôle 3 × 10/side, squat 3 × 10, lancers 2 × 6/side. RPE 6/10, sortez frais. Semaine 3–4 : augmentez la densité. Pont unilatéral 3 × 10/side, planche latérale 3 × 25–35 s/side, lancers 3 × 6–8/side, squat 3 × 8 avec légère charge. Gardez 1–2 reps “sous le pied”.

Si une zone coince (hanche droite raide, rotation limitée), échangez une série de force contre une série de mobilité ciblée. L’objectif n’est pas l’épuisement, c’est la constance : travailler souvent, récupérer vite.

Petit mémo biomécanique utile au golf

Un swing efficient, c’est des hanches qui initient, un buste qui suit et des bras qui transmettent. Le tronc résiste aux contraintes (anti-extension et anti-rotation), les fessiers guident la hanche, les dorsaux stabilisent l’épaule. En entraînant ces qualités, vous sécurisez le dos, affinez votre transfert d’appuis et libérez la face de club à l’impact.

Passez à l’action : structurez votre prochaine séance

Bloquez 30 minutes dans votre agenda, choisissez deux exercices de force (pont + squat), un de gainage, un de rotation et finissez par 5 minutes d’échauffement dynamique. Notez vos volumes, sensations et vitesses perçues. Au bout de 3 semaines, vous devriez voir : plus de vitesse sans “forcer”, un finish plus stable et moins de fatigue au retour.

La technique reste votre boussole, le physique votre moteur. Quand les deux s’alignent, la balle voyage, même dans le vent. Et sur le 18, vos lombaires vous remercient.